


Point d'orgue de la réfection intégrale des immenses toitures des remises, l'élimination du bardage en plastique posé en 1976/1977 sur les deux nefs du hall Cudell a démarré à la fin du mois d'octobre, pour laisser place à un nouveau recouvrement plus classique – et surtout plus esthétique – constitué de tuiles "Pottelberg". Auparavant, la charpente avait bien entendu été renforcée comme cela avait déjà été le cas pour le hall Leprince. Notons qu'elle restera légèrement inclinée vers l'avant contrairement à ce qui avait été évoqué au départ, quand on envisageait de la démonter entièrement pour la redresser (ce qui aurait allongé les travaux de plusieurs mois, et la facture de plusieurs millions …)
La nouvelle toiture du hall Cudell constituera sans aucun doute l'intervention visuelle la plus spectaculaire de ce méga-chantier. L'automobiliste descendant l'avenue de Tervueren ou le promeneur musardant dans le parc de Woluwe découvriront bientôt un beau toit de tuiles rouge clair chapeautant une façade rénovée, au lieu de l'horrible assemblage de plastique ondulé gris sale qui apparaissait comme un véritable coup de poing au milieu du site. Mais à l'intérieur aussi, le changement sera spectaculaire : grâce à la reconstitution des divers lanterneaux qui rythmaient trois des quatre versants du toit, la luminosité du hall sera grandement améliorée. Par ailleurs, soulignons que la sous-toiture en planchettes neuves n'a pas été teinte artificiellement et "tranche" dès lors très fort sur le brun foncé de ce qui restait de la charpente originale. Un choix voulu par les "Monuments & Sites", dont la représentante estime qu'il faut tout simplement laisser le bois "vieillir" naturellement. Notons que la même option avait été prise à Lucerne, en Suisse, lorsqu'il avait fallu reconstruire une grande partie du Kapellbrücke, ce superbe pont de bois datant de 1333 et détruit partiellement par un incendie en 1993.

Partie haute (voies 17 à 23)
Toutes les voies du futur dépôt sont posées, l'essentiel du chantier consistant maintenant à bétonner le sol de la remise, à préparer l'installation de lavage de la voie 18 et à terminer l'équipement des passerelles et des fosses des voies 20 à 22. D'ici fin novembre, les "lignes aériennes" pourront prendre le relais pour tisser leur nouvelle toile, dans laquelle figureront bien entendu les aiguillages aériens permettant un passage facile de nos trams à flèche !


Partie basse (voies 13 à 16)
Principale zone de remisage des PCC desservant les lignes 39 et 44, cette partie du dépôt est un peu délaissée par le chantier. Il est vrai que l'équipement technique (éclairage, chauffage, câblages et tuyauteries diverses) est déjà en grande partie posé. Une particularité tout de même : le fond de la remise s'anime chaque samedi au fur et à mesure que progresse l'aménagement du nouveau magasin-atelier du groupe "technique tram" du Musée. Tant le conteneur (atelier) que la 7061 (magasin) ont ainsi été vidés pendant le mois d'octobre, et nos bénévoles s'appliquent à présent à ranger leur nouveau local tout en récupérant divers composants intéressants sur la 7061 avant qu'elle ne soit envoyée chez le démolisseur (nous préserverons les bogies).


Bâtiment d'exploitation
Le gros œuvre des locaux STIB (au rez-de-chaussée) et MTUB (à l'étage) progresse lentement mais sûrement, mais il est vrai que là aussi, le travail est titanesque tant le bâtiment était en mauvais état.


Même l'extension abritant les toilettes est en cours de réaménagement intégral. En façade, la porte ajoutée après-guerre a été enlevée afin de permettre la restitution de la petite demi-fenêtre manquante.

A l'autre extrémité du bâtiment, la façade latérale – initialement en briques mais enduite à une date inconnue – a été partiellement recouverte d'une peinture rouge … brique. Ce travail a toutefois été stoppé à la demande des Monuments & Sites, qui souhaitent que l'enduit garde son aspect beige d'origine. Là aussi, le choix est respectable : à défaut de connaître la date précise à laquelle l'enduit a été posé (avant ou après 1942, période de référence pour la restauration du site), il convient de laisser les choses en l'état et de ne pas faire dans l'approximatif.

Hall Leprince (voies 5 à 12)
Dans ce hall, on en est au stade des finitions diverses : restauration des châssis vitrés sur le mur de séparation avec le dépôt, réorganisation des accès aux toilettes, aménagement d'un local "compteurs de gaz" sur le toit des dites toilettes, peinture des murs, mise en place des derniers lanterneaux, … En façade, les nouveaux frontons sont construits mais pas encore peints.
Hall Cudell (voies 1 à 4)
Avec la partie haute du dépôt, c'est le hall Cudell qui connaît pour l'instant le plus de bouleversements. On a déjà évoqué les toitures mais il nous faut aussi parler des sols : la pose des voies 3 et 4 est quasi-terminée (il ne manque plus que la communication entre les deux voies et la sortie dans la cour) et le pavage a démarré par l'arrière. Le pont transbordeur provenant de l'atelier de la chaussée d'Anvers a été placé en fond de voie 3, dans un espace spécialement aménage à cet effet. Le bétonnage des nouveaux quais (central et le long des murs) a démarré, ce qui permet de bien visualiser le "plan incliné" qui permettra un accès PMR du hall Cudell au hall Leprince. Le fond de la voie 2 face à l'Estraminet, constitué initialement d'un simple plancher en bois, a quant à lui été mis à niveau et bétonné.

A l'avant, les anciens frontons ont été démontés et les grands sigles métalliques "MTUB" disparaîtront bientôt : pas question en effet de dénaturer les façades des remises qui doivent retrouver in fine un aspect "dépôt des années 40". Profitons-en pour rappeler que l'entrée du Musée se fera désormais par la façade latérale de la rue du Leybeek, où une porte doit encore être percée et une fenêtre, restituée.
Maison Leybeek
Si le studio sous les combles est à présent terminé (et occupé), le rythme du chantier a un peu baissé dans ce bâtiment. La finition de la cage d'escalier a démarré par les enduits mais on attend toujours la peinture. Les bureaux et la bibliothèque sont repeints depuis plusieurs mois mais il reste à masquer des tuyauteries au niveau "archives". La nouvelle configuration des sous-sols prend (lentement) forme, les nouvelles chaudières devant arriver sous peu. Restera la salle TB et ses annexes, qui doivent encore être complètement restaurés : percement d'un nouvel accès direct vers l'escalier descendant vers l'Estraminet, réfection des carrelages, pose d'un faux-plafond isolant et d'un nouvel éclairage. Bref … encore du blé à moudre pour les prochaines Newsletters !
Une anecdote en guise de conclusion ? Une tentative de restitution partielle des "niches" creusées dans la façade de la rue du Leybeek, a mis à jour des éléments de fixation (linteaux métalliques, chaînettes) qui permettent d'imaginer l'équipement original de ces niches : une plaque métallique verticale maintenue librement par des chaînettes et contre laquelle un ouvrier pouvait s'appuyer lors du passage d'un tram sur les anciennes voies 2 (à l'extérieur) ou 3 (à l'intérieur).

Aucune photo ne témoignait de ce dispositif, pourtant évoqué à maintes reprises par notre Président lui-même ! S'il n'est bien sûr pas question de re-creuser de nouvelles niches tout au long de la façade, il n'a pas encore été décidé comment la restauration du bâtiment va pouvoir évoquer – au moins en un endroit – le dispositif dont question supra. Mais nul doute que les Monuments & Sites auront leur avis sur la question …
Editeur responsable : Philippe MATAGNE pour le compte du MTUB asbl.
Suite au prochain épisode…